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Bordeaux: Nuisances sonores, travaux, squats... Le médiateur de la ville de plus en plus sollicité

Article de Mickaël Bosredon publié le 6 octobre 2018 sur le site 20minutes.fr.

Lors de la présentation de son dernier rapport, le médiateur de la ville de Bordeaux a fait part d'une hausse de 30 % des saisines en un an...

•    Le médiateur de la ville peut être saisi pour tout conflit entre un habitant et la municipalité.
•    La problématique des nuisances sonores et du voisinage est la plus représentée.
•    La médiation est aussi intervenue dans le cas d'un touriste victime d'une surfacturation de la part d'un taxi.

 

Avec 285 saisines entre avril 2017 et mai 2018, l'activité du médiateur de la ville de Bordeaux a bondi de 30 % en un an. « L’augmentation des saisines est liée au dynamisme de la ville : les constructions ne se comptent plus, et cela crée des changements, des désagréments et enfin des manifestations de plaintes et de mauvaise humeur » explique le médiateur Jean-Charles Bron. Il rappelle qu’il peut être saisi pour résoudre tout conflit qui oppose un habitant aux services de la ville.

« L’une des premières saisines que nous enregistrons est liée à la nuisance sonore, poursuit le médiateur. Il ne s’agit pas de dire que la ville doit s’éteindre et dormir, mais le maire est garant de la tranquillité publique. Récemment, une dame qui venait d’acheter un appartement rue Henri-IV, est venue se plaindre du tapage de son voisin du dessous. Je me suis déplacé et j’ai proposé une insonorisation du logement à frais partagés. Le voisin a refusé dans un premier temps, avant de m’avertir quelque temps plus tard, avoir réalisé les travaux entièrement à sa charge. »

Si les nuisances dites « économiques » ne sont pas les plus nombreuses, il n’empêche que, « récemment, près de la barrière de Bègles, nous ne sommes pas arrivés à résoudre le problème de nuisance sonore provenant d’une entreprise à proximité, et le résident est parti car cela devenait vraiment insupportable. » A l’inverse, le médiateur a reçu une plainte concernant une manifestation de musique amplifiée au Jardin Public, « et là il m’appartenait de faire comprendre que nous ne sommes pas dans le cadre de nuisances sonores, car même si pendant 10-12 h la nuisance est caractérisée, elle ne dure qu’une fois par an. »

Rue Fondaudège, « un chantier très mal tenu »

Bordeaux est une ville en travaux et, qui dit travaux dit… accidents. « Nous avons eu des cas de blessures sur des trottoirs, notamment autour du chantier de la ligne D du tramway, rue Fondaudège. Que ce soit à Bordeaux, au Bouscat, à Bruges ou à Eysines, ce chantier est très mal tenu. Rue Fondaudège, quand vous passez d’un bord à l’autre, il faut monter et redescendre, les plaques qui bouchent les trous sont instables… C’est accidentogène pour le piéton. »

Sur la question du logement, le médiateur a relevé une hausse des cas de squats de logements à Bordeaux. Ce qui a poussé dans un cas un propriétaire à mettre en vente son immeuble. Dans son rapport, Jean-Charles Bron propose aux élus « de se manifester davantage dans les cas extrêmes ».

Un trajet Opéra-Aéroport en taxi facturé… 80 euros

Enfin, la médiation peut aussi intervenir pour ce qui touche au transport. Le médiateur s’est ainsi saisi du cas d’un touriste… qui s’est plaint du tarif pratiqué par un taxi. « Il s’agissait d’un touriste américain, en visite dans sa famille à Bordeaux et qui s’est vu facturer 80 euros un déplacement en taxi « Opéra de Bordeaux/Aéroport ». Ce n’est pas véritablement dans notre périmètre de compétence, puisqu’il s’agit d’une entreprise privée, sauf que c’est la municipalité qui accorde les stationnements des taxis, et que j’ai considéré que l’image de la ville était engagée. J’ai pris contact avec la société et avec la chambre des métiers, et l’entreprise a tout de suite convenu qu’il y avait eu surfacturation, de l’ordre de 50 %, et a remboursé le différentiel. Il ne s’agissait pas d’un cas isolé, et il y a une réalité derrière, même si bien sûr un grand nombre de taxis travaille tout à fait convenablement. »

D’une manière générale, les plaintes émanent plutôt des populations actives, et majoritairement des femmes. « Nous arrivons à résoudre à peu près la moitié de ces conflits, mais la lenteur administrative est telle que parfois il faut plus d’un an pour mener un dossier à son terme. »



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Article | by Dr. Radut