Aller directement à la navigation

L'édito d'Eric FERRAND, Président de l'AMCT: Médias et Médiateurs

Voilà un sujet qui mériterait un débat et qui pourrait faire l’objet d’un beau colloque ! Certes, de nombreuses conférences sur la médiation sont organisées tant en France qu’à l’étranger, mais le thème de la communication n’a été que rarement abordé tant il est vrai qu’il n’émerge que depuis quelques années. Aujourd’hui, la communication s’est imposée dans tous les domaines d’activité et elle s’adresse évidemment en priorité aux moyens de communication de masse, puisque seuls les médias permettent de toucher toute la population.

Avec cet éditorial, je voudrais donc évoquer les difficultés que nous rencontrons, nous, médiateurs territoriaux, dans nos actions de communication et dans nos relations avec les médias et, à partir du constat, tenter d’y répondre.

D’abord, il convient de constater qu’il n’existe pas de cadre juridique commun pour l’ensemble des médiateurs institutionnels, ceux-ci présentant en conséquence des différences notables, voire importantes, du fait de la diversité de leurs statuts.

Faute d’un texte de loi ayant prévu leur création et défini leur organisation, les médiateurs locaux, il faut le reconnaître, rencontrent des difficultés à se construire une identité précise. Ils se réfèrent certes à un modèle unitaire, mais sont très hétérogènes dans leur organisation et leur fonctionnement. C’est sans doute l’une des raisons qui font que dans ce cadre de faiblesse institutionnelle, les médias ignorent souvent la figure du médiateur.

Bien entendu, des initiatives individuelles nous permettent, à l’occasion notamment de la publication de notre rapport annuel d’activité, de nous faire connaître et reconnaître auprès des médias locaux comme des acteurs de la démocratie qui influent positivement sur les rapports entre les citoyens et les Administrations. C’est une démarche intéressante et nécessaire, mais elle est presque toujours à sens unique, c’est-à-dire de notre personne vers les médias.

Cela signifie donc que la médiation n’est pas suffisamment attrayante pour les médias qui, il faut bien en convenir, ne viennent pas spontanément vers nous. Et cet état de choses tient avant tout au fait qu’en dépit des résultats importants que nous obtenons,  et de la pleine confiance que nous accordent les citoyens, nous ne consacrons pas suffisamment d’attention aux médias et à la publicité que mérite notre activité.

Et puis cela tient sans doute aussi à l’attitude frileuse des médias eux-mêmes, qui ne donnent pas toujours suffisamment de relief aux succès remportés par les médiateurs, s’attachant davantage à privilégier quelques cas concrets « croustillants » à présenter à l’opinion publique plutôt que de s’intéresser aux propositions de réforme qui, tirées de notre expérience, visent à améliorer la situation des usagers de l’administration.

Face à ce constat, il importe de considérer la presse et tous les autres moyens de communication comme autant de vecteurs de transparence qu’il convient d’utiliser pour faire passer un message, en ayant toutefois présent à l’esprit que les médias sont désormais eux-mêmes des acteurs, avec leurs propres objectifs et leur stratégie.

En tant que médiateurs, nous avons un devoir généralisé de communication et d’information dans le cadre de nos fonctions et en vue de la promotion de l’Institution. Entités autonomes et indépendantes, nous devons nous employer, de notre propre initiative, à rendre publique notre activité, et ce dans l’intérêt des citoyens.

Le Médiateur est un formidable outil d’une démocratie moderne et citoyenne ; dès lors, le faire connaître, en faciliter l’accès et présenter ses succès est un devoir essentiel : pour qu’un outil soit efficace, il faut pouvoir et savoir s’en servir. Le Médiateur doit donc faire en sorte que la presse et les autres médias ne l’ignorent pas, mais acceptent de collaborer avec lui pour aider le citoyen.

N’oublions pas que la presse joue en général un rôle critique envers les pouvoirs politiques et administratifs et que cet aspect doit faire des médias et des médiateurs, des partenaires. À partir de là, il serait peut-être possible alors d’envisager une synergie d’action entre Médiation et Médias, qui ne pourrait que renforcer la démocratie.

 

Eric FERRAND

Médiateur de la Ville et du Département de Paris

Président de l’AMCT



Menu principal 2

Article | by Dr. Radut