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Portrait de Bernard RICORDEAU, Médiateur de la Ville de Quimper

La Ville de Quimper dispose d'un Médiateur depuis 1977. Bernard RICORDEAU a pris ses fonctions le 1er septembre 2014 succédant à Jean-François THERY qui exerçait cette mission depuis 2008.

 

Bernard RICORDEAU, quelques mots de présentation                       

Quimpérois de cœur, je suis Nantais de naissance avec du côté maternel de solides origines bretonnes. Marie-Anne et moi sommes mariés depuis quarante-six ans. Nous avons deux enfants et trois petits-enfants.

Fils d’artisans je suis l’aîné d’une fratrie de huit enfants et dois à un long passage dans le mouvement scout mon goût pour l’engagement et l’action.

Cadre commercial, j’ai une formation en gestion et management des entreprises, avec une expertise des réseaux de franchise. J’ai exercé près de vingt-cinq ans au sein d’un grand groupe de distribution, d’abord chargé de l’animation du réseau de franchisés en Bretagne puis responsable du développement de différentes enseignes en France et Benelux.

Homme de terrain, je conserve des liens avec le monde économique en tant que membre du Réseau Entreprendre Bretagne chargé des relations avec les institutionnels pour le Sud-Finistère. 

 

A Quimper, la Médiation est presque une tradition ?

C’est vrai, la Médiation à Quimper est une histoire ancienne. Très tôt, la ville s’est dotée d’un Médiateur, fonction qui sera maintenue au gré des alternances. La ville de Quimper fait partie des collectivités ayant soutenu la création de L'AMCT. La nouvelle équipe municipale m’a fait l’honneur de me proposer le poste de Médiateur de la Ville. Ma nomination a été actée en conseil municipal le 11 juillet 2014.

 

Votre expérience vous destinait-elle à devenir Médiateur ?

Il est délicat de répondre, mais mon expérience a sans doute effectivement été perçue comme un atout. En effet, durant les différentes phases de ma carrière professionnelle j’ai été en permanence amené à apaiser des tensions et résoudre des crises. Cet acquis m’est utile dans le cadre de la mission qui est aujourd’hui la mienne. Je pense également que ma personnalité a joué. Je suis perçu comme un homme d’écoute, de bon sens, plutôt bienveillant. On me reconnaît un naturel chaleureux, ainsi qu’une aptitude à établir et entretenir, facilement et simplement, des relations de confiance avec mes interlocuteurs.

Pour toutes ces raisons, j’ai accepté cette belle mission citoyenne avec enthousiasme et humilité.

 

Comment vous êtes-vous préparé à cette mission ?

L’intervention du Médiateur à Quimper concerne exclusivement la résolution de différends avec l’administration communale. Plutôt spécialiste du droit des contrats, notamment de franchise, je me suis longuement documenté et j’ai échangé avec mon prédécesseur ainsi qu’avec des professionnels du droit (notaires, avocats). Les rapports de mes collègues se révélant très enrichissants en la matière.

 

Quel est votre positionnement dans l’organigramme de la Ville ?

J’exerce ma mission à titre bénévole. Rattaché au service juridique de la ville, je suis fonctionnellement indépendant et dispose de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ma tâche, en étroite collaboration avec Monsieur le Maire, les élus, les différentes directions et chefs de services. L’ensemble des services de la ville fait preuve avec constance d’ouverture et de disponibilité à mon égard.

La ville dispose par ailleurs de plusieurs outils permettant aux Quimpérois d’être informés de la présence d’un Médiateur de la ville et de la nature de ses missions, grâce à :

  • Une plaquette d’information à disposition dans tous les lieux dépendant de l’administration municipale.

 

Comment travaillez-vous ?

Cela est très variable mais il est aisé de me rencontrer en Mairie lors des permanences fixées le deuxième mardi de chaque mois. Le reste du temps que je consacre à la Médiation est fait de contacts téléphoniques, d’études des particularités de chaque dossier, de collecte d’informations, d’échanges avec les services concernés, de déplacements si besoin. Enfin je rédige mes propositions et informe les personnes concernées et la collectivité de l’évolution des dossiers.

 

Quel regard portez-vous sur la médiation ?

Après deux années passées au service de la médiation je constate que la Mairie reste l’institution de référence vers laquelle le citoyen se tourne spontanément lorsqu’il fait face à des difficultés. La porte de la Mairie reste toujours ouverte et il importe que cela demeure. Je crois pouvoir affirmer que la création d’un service de Médiation, quels que soient sa forme et son périmètre d’intervention, est un atout pour une collectivité. Car rappelons-le, la nomination d’un Médiateur n’est pas une obligation. Mais il reste que tout contentieux résolu grâce à la Médiation évite aux requérants, comme aux collectivités, de s’engager dans des procédures longues, coûteuses et incertaines. Ce qui a pour bénéfice supplémentaire de limiter l’engorgement des tribunaux.

 

Êtes-vous satisfait par l’exercice de cette fonction de Médiateur ?

Le sommes-nous complètement ? Probablement que non et je n’échappe pas à la règle. Le Médiateur n’a pas vocation à épouser systématiquement la vision du demandeur et bien souvent les réponses apportées par la collectivité étaient les bonnes. Il doit dès lors trouver les mots pour expliquer et justifier. Cette dimension pédagogique, parfois frustrante, se révèle essentielle à mes yeux.

Il m’arrive bien heureusement de ressentir d’immenses satisfactions. Quand je propose à la collectivité de revoir une procédure que je juge trop coercitive et que je vois mon idée retenue, validée et mise en œuvre, je me dis à ce moment-là que ma mission est vraiment utile !

 

A votre avis, quelles sont les raisons de ce besoin de médiation ?

Cela a déjà été fort bien exprimé dans différentes interventions et écrits, mais je dirais que plus l’on dématérialise, plus l’on sophistique, et que par précaution ou prudence, l’administration utilise un langage purement juridique, plus le citoyen non averti est décontenancé. Il cherche à comprendre, il est parfois perdu et la Médiation s’impose à lui comme l’ultime recours ! Je comprends parfaitement la nécessité pour l’administration d’employer des termes précis, rigoureux, inattaquables. Je conçois également que « l’humanisation » des réponses est une démarche complexe et non sans risques. Dans ce contexte de judiciarisation accélérée de notre société, le Médiateur constitue une interface entre deux mondes qui ne parlent pas toujours le même langage. De par sa liberté, sa neutralité, son indépendance, le Médiateur peut se « permettre » d’employer des mots plus simples, mieux compréhensibles, afin d’expliquer les enjeux d’un différend en termes juridiques accessibles à tous.

Dans une époque où l’individu très informé, voire saturé d’informations (vraies, fausses ou imprécises) ne parle plus que par écrans interposés, favoriser les rencontres pour échanger et rapprocher les points de vue me paraît plus indispensable que jamais ! La Médiation devient alors un auxiliaire bien utile au droit.

Pour autant, la Médiation reste peu connue, et insuffisamment reconnue ! 

 

La ville de Quimper accueillera la prochaine assemblée Générale de L’AMCT en 2017. De la pression ? 

Pas de pression particulière, lorsque j’ai proposé à Monsieur le Maire l’organisation de cette assemblée j’ai tout de suite recueilli un avis favorable.

 

Après avoir dressé le vôtre, pourriez-vous, en quelques phrases, nous tracer le portrait de Quimper ?

Je vous épargne bien volontiers un récapitulatif historique. Je vous propose en revanche une vision plus moderne, ce qui n’empêchera pas toutefois une dose, a priori raisonnable, de chauvinisme assumé.

Quimper est une ville charmante, bienveillante et accueillante. Je vous invite à suivre son fil d’Ariane, l’Odet, le fleuve qui l’irrigue et le lie à la mer. Cela vous conduira inexorablement dans le cœur historique, place Saint-Corentin, où trône le roi Gralon parmi les flèches de la cathédrale, où s’offrent à vous le Musée des Beaux Arts et le Musée départemental breton, où il vous suffit de quelques pas pour vous plonger dans un bel enchevêtrement de rues et de places où le patrimoine et la gastronomie font bon ménage. Sur l’autre rive vous attend le quartier de Locmaria, berceau historique de Kemper, la ville confluent.

Capitale de la culture bretonne, Quimper propose une offre dynamique et variée tout au long de l’année. Le point d’orgue de la saison étant le festival Le Cornouaille, en juillet, qui exprime et magnifie l’âme de la Bretagne dans un tourbillon de danse et de musique.

Capitale de la Cornouaille et du Finistère, Quimper est aussi l’un des poumons de l’économie bretonne, avec des acteurs puissants et reconnus dans les domaines de l’agroalimentaire, l’assurance, le textile, la broderie d’art, l’innovation, la recherche et développement... C’est aussi un pôle universitaire en plein développement.

Enfin, c’est une ville qui avance puisqu’un nouveau quartier d’une superficie de 30 hectares se profile dans l’environnement de la gare sur des terrains en friches. Ce projet de grande envergure mobilisera nos énergies pendant les trente prochaines années.

 

Bernard RICORDEAU

Médiateur de la Ville de Quimper



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Article | by Dr. Radut